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Chaque année, le nouvel an traditionnel sri lankais est célébré entre le 13 et le 14 avril. La date et l’heure sont définies selon l’astrologie. Les Tamouls et les Cinghalais fêtent cette nouvelle année le même jour et se retrouvent en famille pour partager un moment important tous ensemble. Chacune des communautés, tamoule et cinghalaise, suit ses propres traditions. Le Sri Lanka est au ralenti pendant les deux jours de fête qui sont fériés, les enfants sont en vacances, les transports sont quasi inexistants et les commerces ferment.

Les traditions cinghalaises

Le nouvel an cinghalais est aussi appelé “Sinhala Aluth Avurudda” et était autrefois célébré dans le royaume de Kandy, la capitale spirituelle du Sri Lanka. Sur l’ordre du roi, les astrologues devaient calculer le Nekath, c’est-à-dire le moment idéal pour accomplir les rituels qui apporteraient la prospérité et le bonheur au pays et à son peuple. L’heure du Nouvel An traditionnel sri lankais est toujours définie par les astrologues et se situe entre le 13 et le 14 avril de chaque année civile. Cette année, en 2020, le Nouvel An a donc lieu le 13 avril à 20h23 précisément.

Les rituels du Nouvel An commencent par un bain sacré qui a lieu le dernier jour de l’année solaire, c’est-à-dire le jour précédant le début de la nouvelle année. Les sri lankais s’appliquent un mélange à base de plantes sur la tête et le corps, qui a un effet purifiant pour le corps et l’âme, avant de prendre un bain.

Entre la fin de l’année et le début de la nouvelle année, on observe une période neutre où les sri lankais doivent arrêter de travailler et se livrent uniquement à des activités religieuses. Dans les temples des villes et villages, le son des cloches est accompagné par celui des tambours et marque le début de chaque rituel.

Puis vient l’heure du Nouvel An. Chaque famille fait bouillir du lait dans un pot en argile jusqu’à le laisser déborder du pot. Ce rituel permet d’apporter de la prospérité et de la chance pour la nouvelle année. Les familles peuvent ensuite allumer les fourneaux et préparer le repas traditionnel.

Tous les membres de la famille se retrouvent autour d’une table colorée, composée de “kiribath”, du riz cuit dans du lait de coco et servi avec une sauce épicée, des fruits et des pâtisseries sri lankaises telles que les «kokis», les «aasmee», les «kewum» ou encore les «aluwa», préparés à base de farine de riz.

Selon la coutume, les plus jeunes rendent visitent à leurs aînés pour leur offrir des noix d’arec avec des feuilles de bétel afin de leur montrer leur gratitude. En échange, les enfants reçoivent de l’argent et également des cadeaux de leurs parents. Le sentiment de bonne volonté et d’amitié entre la famille et les amis se reflète tout au long de la période du nouvel an.

Pendant ces quelques jours festifs, la bonne humeur et la bonne ambiance se ressentent dans les villages. Des jeux traditionnels sont organisés tels que le kotta pora, un jeu d’équilibre sur une poutre, les courses de sacs, le tir à la corde… Des plus petits aux adultes, tout le monde participe. Un beau moment de convivialité !

Les traditions tamoules

Même si la communauté tamoule célèbre le nouvel an traditionnel sri lankais à la même période que la communauté cinghalaise, les traditions sont un peu différentes.

Le Nouvel An Tamoul est appelé “Puthandu” ou “Puthuvarusham”. La date de la fête est fixée en fonction du cycle solaire du calendrier lunaire indien. Elle tombe donc aux alentours du 14 avril de chaque année dans le calendrier grégorien. En effet, le nouvel an tamoul suit l’équinoxe de printemps. Puthandu est un jour important également célébré par les hindous tamouls dans d’autres pays tels que l’Inde, la Malaisie, Singapour, à la Réunion, à l’île Maurice et dans d’autres pays de la diaspora tamoule.

“Bonne année” en tamoul se dit: “Puthāaṇdu vāazhthugal” / புத்தாண்டு வாழ்துக்கள்) ou “Iṉiya puthaandu nalvāazhthugal” / இனிய புதாண்டு நல்வாழ்துக்கள்).

Cette journée est considérée comme un événement familial, comme Noël pour les Chrétiens. Les familles nettoient également leur maison. La veille de Puthandu, suivant la tradition, les familles préparent un plateau avec des fruits (de la mangue, des bananes et des jackfruits), des feuilles de bétel,  des bijoux en or et en argent, des pièces de monnaie, des fleurs et un miroir pour leur porter chance. Elles allument l’autel de la famille appelé “Puja” et se rendent aux temples de leur village. Tout le monde s’habille avec des vêtements neufs pour bien accueillir et commencer cette nouvelle année. Les enfants rendent visitent aux plus anciens et aux aïeux de leur famille pour leur rendre hommage et demander leur bénédiction. Les anciens donnent en retour leur bénédiction et de l’argent de poche en cadeau aux enfants. La famille se trouve ensuite autour d’un repas composé de plats végétariens. Les entrées des maisons sont minutieusement décorées avec des feuilles et sur le sol, on peut y voir des dessins à base de poudre de riz colorée. Ces dessins sont appelés “kolams”.

Un peu plus tard dans la journée, les familles se retrouvent pour un festin. Un plat spécial appelé “Mangai-pachadi” est composé de “jaggery” sucré, de moutarde, de mangue aigre-douce, de feuilles de neem amer et de piments rouges. Ce plat est préparé avec différentes saveurs qui symbolisent toutes les différentes expériences que chacun va vivre pendant cette nouvelle année. Autrement dit, chaque expérience est transitoire et éphémère, et il faut savoir en tirer le meilleur parti pour avancer.